Comme vous le savez déjà, la pandémie mondiale du Coronavirus a entrainé une crise économique monstrueuse. Cette dernière a affecté de nombreux secteurs d’activités, comme le commerce, le tourisme, la restauration, le divertissement, etc. On s’attend aussi à une chute de prix immobilier. Assez curieusement toutefois, on constate plutôt un domaine épargné par la vague destructrice et semble même en plein essor. Pourquoi et comment cela est-il possible ? Les éléments de réponses sont certainement les suivants.

Le secteur de l’immobilier en bonne santé malgré tout

Généralement en période de récession, lorsque les entreprises ferment, le chômage augmente. L’incertitude règne et les prix de l’immobilier baissent. Mais en pleine crise Covid 19, l’immobilier en Europe, a pu prospérer de manière inattendue. Les derniers mois ont même vu les prix atteindre des sommets inégalés. Dans l’Union européenne par exemple, les évaluations immobilières ont augmenté de 5,2 % pendant la seconde moitié de l’année 2020. Une bonne hausse par rapport à 2019. Au Royaume-Uni, ce pays connaît le pire marasme économique du continent. La croissance des prix des logements a atteint son plus haut niveau depuis quatre ans.

Explication de la croissance du prix de l’immobilier

Il faut savoir que le marché immobilier en Europe se caractérise par une insuffisance chronique de l’offre de propriétés résidentielles, face à une population croissante. Si l’on ajoute à cela des dépôts hypothécaires faibles et des taux d’intérêt très bas et un accès facile de prêt immobilier on a un début d’explication au fait que les prix de l’immobilier ont tendance à augmenter avec le temps. De plus en plus d’argent emprunté par de plus en plus de personnes, est investi dans un parc immobilier qui peine à suivre le rythme.

La Covid-19 a apporté des éléments inattendus à cette situation. Les confinements ont menacé les moyens de subsistance de nombreuses personnes, mais en ont aussi laissé d’autres en meilleure posture financière. Une proportion importante des travailleurs a non seulement conservé leurs revenus, mais s’est aussi retrouvée à dépenser moins pour des charges comme la garde d’enfants, le carburant, les restaurants et les vacances à l’étranger. Selon les économistes, cela a eu pour conséquence par une épargne supplémentaire de plus de 100 milliards d’euros, avec un pourcentage de cet argent affecté aux dépôts hypothécaires.

L’intervention de l’État pour protéger le secteur immobilier est également devenue une norme en Europe. De nombreux pays ont imposé un arrêt temporaire des expulsions pour les locataires ayant des arriérés de paiement. Les gouvernements ont enjoint les prêteurs à ne pas saisir les biens. Et des congés hypothécaires ont été accordés aux personnes qui ne peuvent plus rembourser leur prêt en raison de la pandémie. On peut donc dire que les gouvernements et leurs politiques ont singulièrement aidé le marché immobilier à être résilient.

Un changement d’approche dans le secteur

La résilience extraordinaire du secteur n’est pas due qu’aux politiques. La pandémie a également provoqué un changement dans l’attitude des populations vis-à-vis de l’accession à la propriété. À cause de l’imposition du télétravail, les contraintes de la vie urbaine sont devenues plus évidentes aux yeux des consommateurs. Résultat, ils ont commencé à chercher des logements plus confortables, avec plus d’espace et hors du brouhaha des grandes villes.

La société néerlandaise ING a révélé décembre dernier qu’environ 45 % des Européens envisagent de déménager. Et nombreux d’entre eux souhaitent faire dans un délai relativement court. Ils cherchent à échanger leurs petits appartements coûteux contre des espaces de vie moins onéreux, surtout depuis qu’il est devenu plus facile de travailler à domicile. Tous ces facteurs mis bout à bout, on comprend mieux pourquoi le secteur de l’immobilier, toujours en mouvement, n’a pas souffert de la crise. Les prix en sont restés élevés et compétitifs.